Image de la semaine – 19 juin 2017

Chaussures à ses pieds

Peut-être en raison d’une sensibilité particulière pour les petits métiers, les métiers moins courants ou en voie de diminution, la vue d’une chaise de cireur de chaussures a l’heur de retenir mon attention. Devant cette installation, des questions me viennent à l’esprit.

Un véritable trône est ici offert à ceux qui veulent faire refaire le lustre de leurs chaussures. Celui-ci, bien en vue dans un des halls de l’aéroport international de Indianapolis, semble abandonné de son ou ses «petits cireurs». Photo prise en 2005

Utilise-t-on encore beaucoup ce genre de mobilier? Qui sont ceux qui s’y assoient dans une lieu comme un grand aéroport international? Moi, je ne n’ai jamais essayé. Je devrais peut-être… pour l’expérience. Et qui sont ceux qui s’agenouillent pour frotter les godasses du premier venu? Car travailler au pied des gens n’est pas une mince affaire. Ne faut-il pas une certaine humilité pour s’agenouiller devant autrui? Symboliquement, du moins, cette attitude ne manque pas d’évoquer une situation de soumission. De plus, ce métier appelle aussi la notion du «petit cireur». L’iconographie et la musicographie autour de ce concept sont d’ailleurs éloquentes. Sera-t-il de couleur ou bossu de surcroît? Bien possible!
Enfin, le moment de cette photo, qui évoque la chaussure bien tenue, me ramène à la conclusion d’une des chansons les plus connues du grand poète québécois Félix Leclerc qu’il me fait plaisir de vous présenter in extenso :

MOI MES SOULIERS
Paroles et musique de Félix Leclerc
 
Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé,
ils m’ont porté de l’école à la  guerre
J’ai traversé sur mes souliers ferrés,
le monde et  sa misère

Moi, mes souliers ont passé dans les prés,
moi, mes souliers ont piétiné la lune
Puis mes souliers ont couché chez les fées,
et fait danser plus d’une
 
Sur mes souliers y’a de l’eau des rochers,
d’la boue des champs et des fleurs de femmes
J’peux dire qu’ils ont respecté le curé,
l’pays, l’bon Dieu et l’âme.
 
S’ils ont marché pour trouver l’débouché,
s’ils ont traîné de village en village
Suis pas rendu plus loin qu’à mon lever,
mais devenu plus sage
 
Tous les souliers qui bougent dans les cités,
souliers de gueux et souliers de reines
Un jour cesseront d’user les planchers,
peut-être cette semaine
 
Non, mes souliers n’ont pas foulé Athènes,
moi, mes souliers ont préférés les plaines
Quand mes souliers iront dans les musées,
ce s’ra pour s’y, s’y accrocher

Au paradis paraît-il, mes amis,
c’est pas la place pour les souliers vernis
Dépêchez-vous de salir vos souliers,
si vous voulez être pardonnés

Si vous voulez être pardonnés

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