Image de la semaine 20 juin 2023

Feus les Robin, Jones & Whitman

De passage au Cap-Breton en Nouvelle-Écosse à l’été 1984 j’avais été attiré par la présence de cette enseigne de «Groceria» sous la bannière ROBIN. N’y a-il pas un important magasin ROBIN dans mon village d’origine? En fait, à Gaspé, l’établissement se nommait ROBIN, JONES & WHITMAN et était situé dans la partie basse du village, tout près du port. Mais j’étais persuadé qu’il y avait une parenté entre les deux et aussi avec tous les magasins de cette enseigne qui se trouvaient encore dans la péninsule gaspésienne.

Cette image d’une «Groceteria» sous la bannière «ROBIN» a été prise à Chéticamp au Cap-Breton. Photo prise en 1984

Pour la trame historique, cela nous ramène au XVIIIe siècle alors que le jeune jersiais Charles Robin s’associe avec quelques membres de sa famille dans le but de miser sur les richesses poissonnières du Golfe du Saint-Laurent afin d’y développer une entreprise qui allait expédier du poisson mais surtout de la morue en Europe.

L’entreprise est fondée en 1765 et devient rapidement florissante, expédiant, durant les deux siècles suivants, des tonnes et des tonnes de morue séchée vers le vieux continent. Au départ, l’entreprise s’installe principalement à Paspébiac en Gaspésie mais a aussi un établissement à Arichat au Cap-Breton.
Au fil des ans l’entreprise connait plusieurs réorganisations et fusions jusqu’à celle de 1910 où elle intègre les entreprises canadiennes de A. G. Jones et de A. H. Whitman pour devenir la Robin, Jones and Whitman.
Le Musée de la Gaspésie dispose aujourd’hui d’un fonds d’archives important sur cette compagnie. Celui-ci est relayé sur le site ARCHIVESCANADA.ca où on apprend que, « en 1964, un incendie rase la majeure partie des bâtiments de la compagnie Robin à Paspébiac. Dans ce contexte, Robin, Jones and Whitman délaisse les pêches pour se concentrer sur son réseau de magasins, un secteur marqué par l’arrivée des grandes chaînes. En 1998, elle doit annoncer la fermeture de son magasin de Chandler. En 2004, elle se met sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers. Les six magasins toujours existants en Gaspésie et en Nouvelle-Écosse ferment alors leurs portes» (Voir plus).
Ce passage nous renseigne sur les déboires de la chaîne ROBIN. Après les années 1960, elle s’est tournée vers le concept de groceteria qui est le fait pour un établissement commercial de type épicerie (grocery) de faire en sorte que le client se sert lui-même dans le magasin et passe ensuite à la caisse pour payer le tout. Un site Internet (le consulter; en anglais) donne d’ailleurs des informations intéressantes sur les plus anciennes chaînes de groceteria en Amérique du Nord.
On déduit aussi de la citation que l’établissement ROBIN de Chéticamp n’est plus opérationnel. C’est toujours le cas aujourd’hui!

Je n’ai pas été surpris de ne rien retrouver de la groceria de Chéticamp lors de mon récent passage. Une COOP la remplace désormais. Photo prise en 2023
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